Standing ovation pour Anne Roumanoff à Bobino

jeudi 30 septembre 2021 à 12:37
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Standing ovation pour Anne Roumanoff à Bobino

Le vaccin, les complotistes, le télétravail, les terrasses éphémères, les primaires à droite et le phénomène Zemmour passé à la moulinette: jusqu'au 3 octobre à l'affiche de Bobino, à Paris, prélude d'une tournée de 95 dates, Anne Roumanoff est de retour avec "Tout va presque bien", version actualisée de son dernier spectacle bouleversé par les confinements.

"Rien ne me fait plus plaisir que d'entendre les spectateurs glousser sur des choses qu'ils n'ont pas remarquées sur les masques ou le gel hydroalcoolique. J'essaie de les détendre sans être trop terre-à-terre car la pandémie n'est pas terminée », confie à l'AFP l'humoriste, toujours aussi mordante, qui a choisi le prisme des différentes réactions face au Covid et les nouvelles habitudes comme "le télé-travail contre les cadences infernales avec des siestes de 14h à 17h".

Anne Roumanoff qui tord le cou à l'humour politiquement correct, s'attaque également aux complotistes et aux contradictions apparues avant et après la disponibilité du vaccin contre le Covid.

"On ne dit plus fausses nouvelles. On dit fake news. Dire j'ai retweeté une fake news qui fait le buzz, c'est tellement plus chic que j'ai répété une connerie sans réfléchir !", assène l'humoriste diplômée de Sciences Po avant de bifurquer aussitôt.

Anne Roumanoff disserte aussi sur le "quoi qu'il en coûte" devenu le "qui qui l'en paye", l'affaire des sous-marins australiens et les nouveaux déboires informatiques et sexuels de Liliane et Jean-Claude, célèbre couple de bouchers inventé par l'humoriste.

A propos d'Eric Zemmour "qui fait passer Marine Le Pen pour une modérée", Anne Roumanoff lui réserve sa dernière salve avant que le public, visiblement touché, l'applaudisse à tout rompre.

"Etre Français, ce n'est pas une histoire de prénoms", dit-elle après avoir évoqué les prénoms russes et israélites de ses aïeux. "Etre Français, c'est aimer la France pour de bon. On ne construira jamais rien avec un discours de haine", ajoute l'humoriste.

"Alors, Mohamed, Marie, David, Sarah, Diego, Pedro, Maria, Latifa, Sophie, Hapsatou..., je vous aime !". "Je ne voulais pas faire un truc en donneur de leçon. Je voulais juste exprimer mon ressenti, sans juger", confie en coulisses Anne Roumanoff. "Je suis contente que ce soit si bien accueilli par le public".

L'humoriste dont l'émission satirique quotidienne sur Europe 1 n'a pas été reconduite à le rentrée, espère trouver le temps en 2022 de réaliser son premier long métrage sur les femmes à la cinquantaine assumée.